Après avoir passé des années à naviguer sur le réseau internet (également appelé web) sans presque rencontrer deux fois la même page, l’étonnement subsiste : le web est-il si large ? La réponse vous étonnera peut-être encore plus : le web est près de 500 fois plus large que celui auquel nous avons accès au quotidien !

Mathias Avocats vous propose une expédition dans ses profondeurs… pour tout comprendre sur le Surface Web, Deep Web et Dark Web.

Surface Web, Deep Web, Dark Web : quelles différences ?

Il n’existe aucune définition juridique, ni aucun régime juridique relatifs à cette distinction au sein du web.

Le Surface Web peut se définir comme le contenu internet qui peut être accessible par les moteurs de recherche classiques (Google, Yahoo !, Bing, etc.). Il comprend donc tous les sites référencés, indexés par les moteurs de recherche.

Par exemple, lorsque vous tapez « Sncf cartes de réductions » sur Google, vous trouverez le lien direct vers la page d’information sur les cartes de réduction Sncf.

Le Deep Web, ou Web profond peut se définir par opposition au Surface Web comme tout le contenu internet qui n’est pas indexé par les moteurs de recherche standards. Il constitue environ 90% du contenu total d’internet ! Il est constitué pour une grande partie de pages qui ne peuvent être indexées par les algorithmes des moteurs de recherche : des pages à accès limité (lorsqu’une authentification est nécessaire, par exemple), des pages dynamiques (lorsque des hyperliens de navigation sont générés à la demande et diffèrent d’une visite à l’autre), des pages utilisant certains langages informatiques, ou encore des pages spécialisées pour la connexion à des objets connectés.

Pour reprendre l’exemple ci-dessus, lorsque vous voulez réserver un billet de train Paris-Bordeaux, vous ne pouvez le faire par une recherche Google directement. Il vous faudra aller sur une certaine page « réservations » du site de la Sncf, qui prendra en compte de nombreux critères (destination, horaire, âge, cartes de réduction, etc.) afin de trouver votre demande. Cette page ne sera pas référencée par Google.

Le Deep Web se compose également de pages qui échappent volontairement au référencement des moteurs de recherche : cette partie du web est appelée Dark Web.deep web dark web

En tout état de cause, le fait de naviguer sur l’une de ces parties du web n’est pas répréhensible en tant que tel ! Il convient néanmoins de faire preuve de beaucoup de vigilance pour surfer sur le Dark Web.

Le Dark Web : quelles particularités ?

Le Dark Web ne représente qu’une infime partie du Deep Web. Nul ne peut y être admis s’il n’a pas prouvé, d’une manière ou d’une autre, son appartenance à la communauté d’utilisateurs de ce réseau. Dans un rapport publié en 2014, la Research ANd Development Corporation (RAND) explique qu’« aujourd’hui, le filtrage est plus strict et le ticket d’entrée plus difficile à obtenir, car les arrestations augmentent et les infiltrations par les forces de l’ordre ou les entreprises de sécurité sont plus nombreuses ».

Le point d’accès le plus connu pour le Web profond est le réseau Tor, avec des sites en .onion, non indexés par des moteurs de recherche standards. Il faut en effet utiliser un logiciel dédié pour accéder à cet espace à part du net. Tor est libre, sous la forme d’un logiciel ou d’un navigateur embarquant Tor : tout le monde peut le télécharger et l’utiliser librement. A l’image de l’oignon, Tor fait appel à plusieurs couches de réseaux pour accéder à une adresse internet (utilisation aléatoire de plusieurs routeurs). Ainsi, il devient presqu’impossible de retrouver l’adresse IP de l’individu visitant le site. L’utilisateur bénéficie donc qu’un anonymat quasi-total.

Ce monde parallèle a également sa propre monnaie : le BitCoin. L’actualité de ces dernières années a peu à peu démocratisé l’utilisation de cette monnaie pour les échanges dans le Surface Web, acquérant une certaine notoriété.

Le Dark Web : quelles utilisations ? 

Selon l’enquête menée par les chercheurs Daniel Moore et Thomas Rid, publiée récemment dans leur livre Cryptopolitik and the Darknet, il se trouve que près de la moitié du Dark Web est occupé par des contenus illicites : pédopornographie, finances illicites, contrefaçon de médicaments, trafic d’armes, de drogue, fausse monnaie… et même des tueurs à gage ! Il est courant de trouver des bases de données volées en vente sur le Dark Web, ou encore des comptes piratés.

Il faut toutefois nuancer le côté sombre du Dark Web. En effet, son principal atout est de rendre les communications anonymes et quasi-intraçables : cela permet aux journalistes et aux opposants politiques de s’exprimer librement et de contourner les organismes de censure.

Le réseau a ainsi été très largement mis à contribution pendant le Printemps Arabe de 2011 ; les opposants aux régimes en place ont utilisé Tor pour relayer des informations au reste du monde, et contourner la censure étatique. De nombreux journalistes sont également formés à l’utilisation du Dark Web par Reporters sans Frontières afin d’éviter la censure.

Le collectif Anonymous prône l’utilisation de Tor pour la vie privée en ligne, en instituant le « Projet Tor ». Andrew Lewman, directeur exécutif de ce projet jusqu’en avril 2015, estime que le terme Dark Web est inapproprié : « le réseau est souvent qualifié de sombre (dark) parce que les moteurs de recherche ne peuvent le voir». D’après lui, « Tor existe pour préserver la liberté de l’Internet et rendre aux internautes la maîtrise de leurs données. C’est ce que nous continuerons de faire, et nos recherches iront dans ce sens. ». D’après ses estimations, Tor serait utilisé quotidiennement par environ 2,5 millions de personnes, localisées principalement aux USA et en Europe où la protection de la vie privée est un sujet de préoccupation.

Mathias Avocats se tient à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner en matière de cybercriminalité, de cybersécurité et de protection des données personnelles.